MIXER POUR LE SON OPTIQUE 16 mm

Mixer un film pour faire un négatif son optique 16mm implique un certain nombre de choix, qui correspondent aux spécificités de ce médium. Etant donné que les possibilités du son numérique sont bien plus importantes, ne pas respecter ces limites du son optique 16mm signifie qu’on aura des surprises lors de l’écoute de la copie…

* Le projet doit être à 24 images par seconde, puisque c’est la cadence de projection standard du film sonore.

* L’export du mixage doit être mono puisque c’est le cas du son optique 16mm. Centrer pour cela les réglages de panoramiques en les plaçant à 0 comme ci-dessous.



* La dynamique, c’est à dire l’écart entre le volume des sons les plus faibles du mix et les plus fort, doit être limité à 30 dB.  Cela signifie que si les pointes frisent le 0dB numérique sur le picmètre, les parties les plus faibles ne doivent pas être en dessous de -30dB num. Tout ce qui est en dessous de ce niveau sera perdu, c’est le minimum absolu.  (Attention à ce paramètre, car en numérique on peut atteindre 80 ou 100 dB de dynamique).

• En principe on place les voix s’il y en a entre -3 et -6dB.

• La chaîne de reproduction du son optique 16mm entraîne de sérieuses pertes dans les hautes fréquences, un peu comme en on parle à travers un vieux téléphone analogique, et ça peut se sentir notamment sur les voix féminines. Heureusement, il y a moyen de rattraper cette limitation en filtrant également du côté des basses fréquences pour respecter ce qu’on appelle l’équilibre tonal. Puisqu’il en manque d’un côté, on coupe aussi de l’autre pour que l’équilibre soit respecté. Les mixeurs à l’ancienne connaissent la règle des 400 000, qui correspond aux limites des fréquences audibles : 20 x 20000 hz. Comme le son optique coupe environ à 7000 hz, ça veut dire couper les basses autour de 60 Hz (car 400 000 / 7000 = 57…).

• Du coup, comme il est bon de pouvoir simuler ce qui va se passer lors du report et de la copie, on fabrique également un filtre qui ne sert qu’à l’écoute, comme celui-ci :



On écoute et on travaille le mix avec ce filtre, et naturellement on l’enlève pour la sortie du mix finale ! Il n’est là que pour avoir une idée de ce qui va se passer dans les étapes photochimiques qui vont suivre.

• Enfin, il faut pouvoir synchroniser les négatifs images et son et pour ça on ajoute un bip en début de mixage, qui correspond à une image spécifique de l’amorce opérateur. Ce bip se fabrique en générant un signal de 1000 Hz à -6dB sur une durée d’une image. Sur une amorce opérateur SMPTE standard, ce bip se situe deux secondes en amont de la première image du film, donc à 00:59:58:00 si les images du film commencent à 01:00:00:00. Comme c’est un peu près du début du film et pas forcément nécessaire d’en faire profiter les spectateurs il est parfois d’autres usages, comme de placer le bip exactement 10 secondes avant la première image.

• Il n’est pas inutile de mettre également un bip de fin, par ex. exactement 10 secondes après la dernières image pour pouvoir vérifier la longueur physique exacte du report optique. La synchro des caméras son est parfois assez étonnante !

• Last but not least : dans le cas où il y plusieurs bobines, parce que la durée du film excède la capacité du magasin de la caméra son pour le report (en général autour d’une trentaine de minutes).  Il faut donc faire le report (et le montage négatif) en plusieurs bobines, avec chacun son amorce opérateur, son ou ses bip(s) de synchro etc.. En principe, on se cale alors sur la norme du 35mm, c’est-à-dire des bobines de 20 minutes max. (c. 610m en 35mm) Mais attention : il faut alors ajouter à la fin du mixage de la bobine n quelques secondes (> 26 images) du début de la bobine n+1 pour prévoir le raccord de bobines. En effet, à cause du décalage entre l’emplacement de l’image projetée et de la lecture du son dans le projecteur, une fois les bobines assemblées, le son des 26 premières images de la bobine n+1 seront lues à partir de la fin de la bobine n.