Synchroniser une table de montage ou un projecteur avec un son numérique

Voici plusieurs façons de synchroniser une table de montage film ou un projecteur et un système de son numérique, que ce soit dans le but de projeter un film terminé ou bien de faire le montage d’un film en utilisant pour le son un ordinateur équipé d’un logiciel de montage audio numérique.


Première possibilité : utiliser Film-o-sync et relier directement l’ordinateur au projecteur.



Ce freeware basé sur MAX tourne sur Mac et permet, après l’ajout d’un petit peu d’électronique au projecteur, de lire un fichier quicktime en fonction de la vitesse réelle du projo.

http://www.zachpoff.com/software/film-o-sync/

C’est une possibilité pour passer un original ou une copie de travail avec un son numérique en stéréo avec un matériel certes spécifique, mais minimal : un projo légèrement modifié et un ordi. Le soft a l’air bien foutu (nous ne l’avons pas testé). L’électronique qui est proposée pour modifier le projecteur est un peu rustique et devrait pouvoir être améliorée et rendue plus universelle (en termes de types de projecteurs qu’on peut modifier) en utilisant des composants genre capteurs infrarouge, tout en restant très simple à fabriquer. Si quelqu’un s’y colle…


Deuxième possibilité : utiliser un lecteur de son numérique type AKAI DR4, DR8 ou DR16.



A nouveau une possibilité pour la projection d’une image film et d’un son numérique synchronisé. Les systèmes DR AKAI sont des racks qui ont été conçu pour le montage audionumérique et sont largement obsolètes, donc abordables. On peut les asservir grâce à un code SMPTE et même, avec une carte qui existait en option à un signal biphase. C’est là que les choses deviennent intéressantes.

http://cxv.free.fr/flores/akaidr4.htm

Un signal biphase est un signal électronique simple qui permet de compter les photogrammes, en marche avant ou en marche arrière. Le système pour le générer est généralement composé d’un disque de métal noir avec des échancrures à sa périphérie et de capteurs à fourche.  Les tables de montage ayant des compteurs électroniques intégrés intègrent forcément ce type de système. Quand le constructeur (par exemple les tables CTM modernes) a prévu une prise directement au cul de la table pour ce signal, il n’y a qu’à se brancher dessus. Sinon il faut dériver le signal qui va vers le compteur électronique et s’il n’y a pas de biphase, il faut fabriquer de quoi le générer.

Ensuite, on se cale sur un repère de synchronisation qu’on définit comme étant le point d’origine et ensuite chaque photogramme se retrouve défini par sa position relative à celui-ci.



Nota : au cas où le DR AKAI n’a pas la carte biphase, il est possible d’utiliser l’interface BIF pour produire du code SMPTE et fabriquer un système proche de celui que nous allons voir maintenant.


Troisième possibilité : Fabriquer un code temporel et déclencher un logiciel de son



Il suffit pour cela de d’envoyer le signal biphase vers une interface du genre BIF de Rosendhal, qui convertit ce signal en un signal que l’ordinateur peut comprendre, tel le Midi Time Code.

Biphase to Time Code Interface

BIF bi-phase interface user manual

A noter que les systèmes ProTools de Digidesign les plus simples peuvent tout à fait être déclenchés de cette manière là (on met en route la table de montage et l’ordinateur se met en lecture à cet endroit exactement du montage) mais une fois en lecture, la table va à sa propre vitesse (pas forcément strictement 24 images par secondes) et l’ordinateur également (pas forcément parfaitement juste non plus) : il y a donc une dérive entre les deux appareils. Cette dérive peut être réduite à quelque chose de très acceptable en affinant la vitesse de lecture de la table, ce qui est en général faisable. Ou sans être réglables, certaines tables sont parfois extrêmement précises quand à leur vitesse de défilement. Par exemple, nous avons longtemps utilisé une Steenbeck ST901 à 24 ips et la dérive avec un système Protools de base n’était que d’environ 1 seconde par heure de lecture en continu. De toute manière, si l’on fait un arrêt dans la lecture et que l’on relance la table, l’ordinateur se remet en lecture exactement au bon endroit, ce qui permet toujours de vérifier une synchro image / son en se plaçant juste avant le point à vérifier avant de mettre en lecture.


Quatrième possibilité : Synchroniser parfaitement avec un code temporel ET un signal d’horloge



Pour aller plus loin dans la synchronisation des deux éléments, il faut envoyer en plus du code temporel du point de départ un signal d’horloge en continu sur lequel le logiciel son s’appuie pour lire le son en suivant parfaitement la vitesse de la table / du projecteur (tant qu’elle dans certaines limites autour de la vitesse nominale tout de même...). Il faut simplement indiquer au logiciel son qu’on ne souhaite pas utiliser l’horloge interne de l’ordinateur pour la vitesse de lecture, mais une horloge externe.

Avec un tel système, le son et l’image sont parfaitement synchronisés. Le MTC donne l’information de position et le Wordclock transmet la vitesse de lecture.

Sur le schéma ci-dessus, on utilise deux interfaces supplémentaires pour cela : le code temporel LTC est envoyé à une autre interface Rosendahl, le WIF, qui fabrique à partir de là un signal d’horloge, le Wordclock. Comme la MBox 1 ne comprend pas le Wordclock, il faut passer par une autre interface, le BERHINGER ULTRAMATCH qui convertit le Wordclock en un signal S/PDIF qu’on peut envoyer à la MBox comme signal de synchro. (L’ULTRAMATCH SRC 2000 fonctionne à la fréquence d’’échantillonage 44.1 kHz ; le modèle plus récent mais un peu plus dispendieux, le SRC 2496, fonctionne à la fois à 44.1 kHz, 48 kHz et 96 kHz)

Rosendahl WIF

WIF user manual

Berhinger SRC 2000 user manual

Berhinger SRC 2496 user manual

Enfin, certaines interfaces audio acceptent directement le Wordclock comme signal de synchro. C’est le cas par exemple de la MBox 2 Pro (pour rester chez Digidesign, mais il y a d’autres marques !). On peut alors envoyer directement la sortie du WIF vers l’interface.