L’Abominable à Marseille, Moscou et Hiroshima

Bonjour,

trois séances de films passés par notre cinématographique sous-sol seront projetés à Marseille lors de la belle semaine Asymétrique organisée par le Polygone Étoilé.
Et on profite de l’occasion pour annoncer deux autres projections un peu loin, dans les deux villes où ces films ont été tournés respectivement : Ami, entends-tu de Nathalie Nambot sera présenté lors du festival Art Doc Fest à Moscou qui se déroulera du 2 au 10 décembre et Fleurs noires de Baptiste Bessette lors du Festival des Films sur la Paix de Hiroshima du 29 novembre au 11 décembre.


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La Semaine Asymétrique n’est pas un festival, c’est une rencontre de cinéastes qui viennent là pour projeter/regarder des films, partager des interrogations et des expériences.
Ils viennent à pied ou en avion, en co-voiturage ou à dos d’âne et ils savent trouver là le gite, le couvert et des compagnons de débauche pendant toute la semaine.
La Semaine Asymétrique est un équilibre instable d’improvisation et de rigueur sourde.
Il n’y est pas d’horaire rigide, mais une totalité du temps vouée à nos passions cinéma. Il n’y est pas d’experts.
Chacun qui vient, oiseau migrateur, passager du vent, s’il a un film sous le bras, quelle qu’en soit la matière, quelle qu’en soit l’époque,
celui-là peut parler en connaissance de cause, prendre la parole et dire Je, et dire Tu, et dire Nous… La légitimité qui est la nôtre, c’est d’avoir fait des films qui n’appartiennent à rien ni à personne.
Ce sont des films impropres à la consommation. Ce sont des “films publics” pourtant, en ce que le public et lui seul, donne un sens à notre geste.

ENTREZ LIBRES !
Polygone étoilé
1 rue Massabo
13002 Marseille


jeudi 24 novembre à 21h
Polygone étoilé

SCHUSS ! de Nicolas Rey
16mm, coul., son, 123 min, 2005



Un film qu’on pourrait prendre pour un documentaire un peu étrange sur les sports d’hiver est soudain déclaré par son auteur avoir pour sujet l’aluminium. Les chapitres évoquent alors l’histoire économique du XXème siècle, la mort du dieu Progrès dans les vallées des Alpes et en filigrane la question de l’État et de l’Industrie. À la neige comme à la neige.



vendredi 25 novembre à 13h30
Polygone étoilé

LES SOVIETS PLUS L’ÉLÉCTRICITÉ de Nicolas Rey
16mm, coul., son, 175 min, 2001



Un cinévoyage au pays qui n’existe plus. Super-autoproduction en Sviemacolor.
Trois heures de transports en commun. Parcourir la Russie comme on fait le tour d’une maison qui n’est pas la sienne.
« C’est le deuxième jour qui est pénible. Dans le train, c’était pareil, le deuxième jour je trépignais d’impatience. Ensuite, à partir du troisième, ça va mieux. On s’habitue à la lenteur, à la monotonie du paysage, à la vie faite de courts cycles sommeil-nourriture-distraction totalement sans rapport avec les horaires habituels d’une journée. »
Des publicités pour le linoleum, comme s’il s’agissait d’une pierre précieuse, et des villes entières - construites sur des mines d’or - finalement abandonnées.

Il n’y a pas de chaos russe. Simplement l’«Europe» qui s’étend désormais jusqu’au Pacifique, et non plus jusqu’aux fantomatiques Monts Oural.



vendredi 25 novembre à 21h
Polygone étoilé

AMI, ENTENDS-TU de Nathalie Nambot
35mm, coul., son, 54 min, 2010



La poésie, comme un couteau, dissèque l’époque. De la mer gelée à Kronstadt jusqu’à Moscou, gronde le bruit du temps.
Des lisières calmes au coeur de la ville, quelques voix nous guident à travers poèmes, récits ou documents.
On entend les mots d’Ossip et Nadejda Mandelstam, d’Anna Akhmatova, et la colère abrupte de Cassandres du temps présent.
Ami, entends-tu est un chant de résistance.

On m’a ôté la mer et l’élan et l’envol
Mon pied repose sur une terre féroce
Le résultat de ce calcul brillant ?
Vous n’avez pu prendre ces lèvres qui remuent
Ossip Mandelstam



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FLEURS NOIRES de Baptiste Bessette
s8 et 16mm en vidéo, coul., son, 36 min, Zeugma films

La mémoire de la bombe atomique et de ses terribles effets constitue l’identité de la ville de Hiroshima, reconstruite autour du Parc du Mémorial de la Paix. Mais l’herbe a repoussé et le temps a effacé les traces de la désolation atomique. Le long de la rivière, les arbres du jardin Shukkeien traversé par l’écrivain Tamiki Hara le matin du 6 août 1945, semblent se dresser depuis toujours. J’ai filmé quelques fragments des multiples mémoires qui se sont déposées dans la ville.


 

 

22/11/2011