Pétition de soutien à L’Abominable

« L’Abominable » reste archi-expulsable et pas de solution encore en vue ; c’est pourquoi nous vous sollicitons à nouveau pour signer une pétition, cette fois-ci pour nous soutenir spécifiquement. Merci de le faire en utilisant le lien http://www.l-abominable.org/petition et de faire suivre ce mel…

Retrouvez-nous demain mardi 29 à 17h au Centre Wallonie-Bruxelles pour la dernière projection des Champs brûlants de Catherine Libert et Stefano Canapa dans le cadre de Cinéma du Réel et samedi 2 avril à 13h à la MAC de Créteil pour celle d’Ami entends-tu de Nathalie Nambot au Festival de Films de Femmes.

« L’Abominable » is still in danger of being evicted and no solution has been found yet. We therefore ask you once again to sign a petition to support us, this time very specifically. Thank you for signing using the link http://www.l-abominable.org/petition and for forwarding this e-mail. (english text of the petition below).



Pourquoi il faut aider « L’Abominable » à l’heure de son déménagement forcé.


L’industrie du cinéma, chacun le sait et peut en faire l’expérience concrète, « passe au numérique ». Après des années d’effet d’annonce, la projection numérique des films dans les salles de cinéma commerciales en France et en Europe se déploie véritablement. Par ricochet, les industries techniques sont touchées de plein fouet par la réduction du nombre de copies et désormais, du nombre de tournages en argentique. Partout dans le secteur, restructurations et plans sociaux se succèdent.

Au même moment, l’engouement de nombreux artistes contemporains pour le support film fait symptôme. D’un médium utilisé massivement par une industrie, l’argentique devient désormais un support de création délibérément choisi par un certain nombre de cinéastes et de plasticiens qui mènent avec ce support des recherches spécifiques. Embrasement temporaire teinté de nostalgie ? On peut en douter quand on voit le jeune âge de certains de ces artistes et l’intérêt des institutions de l’art pour ces créations.

Il s’agit plutôt d’un basculement comparable à celui qu’à connu la gravure à la fin du XIXème siècle : un basculement de l’échelle industrielle à celle plus circonscrite, plus précise, de la création.

Mais pour créer il faut encore que ces cinéastes puissent accéder aux moyens techniques appropriés. Avec la transformation de l’industrie cinématographique, disparaissent les machines, les connaissances techniques et les services auxquels ils pouvaient accéder en marge des productions de l’industrie. Le cinéaste étasunien James Benning, auquel la Galerie Nationale du Jeu de Paume vient de consacrer une rétrospective à Paris, abandonne le film après avoir réalisé une vingtaine de longs-métrages sur ce support entre 1976 et 2010. L’artiste britannique Tacita Dean, dont les oeuvres en 16mm sont montrées dans les musées et galeries d’art contemporain du monde entier, doit renoncer à tirer les copies de ses films dans son pays, faute de laboratoire disposé à assurer ce service. Des centaines d ’autres, moins connus, font face aux mêmes difficultés.

Parallèlement, à l’échelle mondiale et particulièrement ces dix dernières années, des cinéastes organisent des ateliers avec l’équipement délaissé par les laboratoires et, dans la mesure de leur possibilités, s’affranchissent du passage par l’industrie pour la création de films, de performances et d’installations utilisant le support argentique. La France est particulièrement riche de telles initiatives. Ce sont des initiatives de terrain, souvent modestes et peu visibles, mais sans lesquelles on peut légitimement se demander comment feront les cinéastes désirant travailler sur support film pour produire dans une dizaine ou une vingtaine d’années.

Parmi celles-ci, une structure, l’association « L’Abominable » en Région Parisienne, a su agréger suffisamment d’énergie, de compétences et de matériel pour proposer un éventail technique impressionnant pour le développement et le tirage du super-8, du 16 et du 35 mm et les aller-retours vers le numérique depuis ces formats. Son fonctionnement ouvert, où les cinéastes les plus aguerris apprennent à d’autres la manipulation et le fonctionnement d’outils naguère réputés inaccessibles et trop complexes pour être mis entre toutes les mains, a fait florès et plus de 250 oeuvres ont bénéficié de son existence depuis sa création en 1996. Son activité et son expérience dans ce domaine particulier, l’étendue des possibilités techniques qu&r squo;on y trouve et la qualité des oeuvres qui ont été créées avec son concours, lui valent une notoriété internationale et une importance particulière dans le réseau des laboratoires cinématographiques d’artistes européen et mondial bien que ses financements publics soient encore aujourd’hui minimes.

Mais tout cela n’a été possible que parce que L’Abominable payait un loyer quasi-nul. A l’heure où cette structure se retrouve expulsable du local où elle fut créée il y a quelques quinze ans, voyant ainsi son existence mise en péril, l’institution publique doit saisir l’enjeu contemporain que représente le passage de l’outil cinématographique dans les mains des artistes eux-mêmes. Alors qu’elle accompagne considérablement la numérisation des salles commerciales, elle doit donner les moyens à une structure telle que L’Abominable de passer le cap, de poursuivre et développer ses activités à la pleine mesure de l’outil technique et des compétences qui s’y sont opiniâtrement rassemblées.

Asnières-sur-Seine, mars 2011

Si vous souhaitez nous soutenir en signant ce texte, merci d’utiliser le lien :
http://www.l-abominable.org/petition

Site commun à une vingtaine de laboratoires cinématographique d’artistes dans le monde : http://www.filmlabs.org

Archive de la programmation « dix ans de L’Abominable » (2006-2007) :
http://www.10ans.l-abominable.org

Site de l’association :
http://www.l-abominable.org

Vous pouvez toujours signer également la pétition concernant les occupants du 28-30-32 rue Bernard Jugault qui sont menacés d’expulsion à l’adresse
http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2010N4128




Petition supporting L’Abominable



Why it is important to help « L’Abominable » as it is in danger of being evicted.

The industry of cinema, as we all know and increasingly experience, is « going digital. » After years of hype, digital projection of films in commercial cinemas in France and in Europe is spreading dramatically. Via a ricochet effect, the technical industries are feeling the sting of reduced orders for film prints as well as fewer films being shot on celluloid. Throughout the sector, restructuring and layoffs are rampant.

Yet at the same time, the interest of many contemporary artists express for analog film is symptomatic. From being a medium that was extensively used by an industry, analog film is becoming a medium specifically and consciously chosen by a number of filmmakers and artists for specific kinds of artistic expression. Could this be a temporary flare up of interest, colored by nostalgia? This is doubtful, considering the young age of some of these artists and the interest shown by artistic institutions in these new creations. Rather, it has to do with a shift, comparable to the one experienced by engraving at the end of the 19th century: a shift from the industrial scale to the more limited and precise activity of artistic creation.

But in order to create, these filmmakers and artists must be able to access the appropriate technical means. Along with the transformation of the commercial film industry comes the disappearance of the necessary machines, technical knowledge and services available to fringe productions. The American filmmaker James Benning, whom the Galerie Nationale du Jeu de Paume recently honored with a retrospective in Paris, is abandoning the film medium after having made more than 250 feature-length pieces between 1976 and 2010. The British artist Tacita Dean, whose 16mm works are exhibited in contemporary art museums and galleries all over the world, is being forced to give up printing her films in her own country, in the absence of a film lab willing to continue to offer this service. Many hundreds of other, lesser known artists and filmmakers are faced with the same difficulties.

At the same time, on the world scale and particularly over the last ten years, filmmakers have been organizing workshops with the very equipment the labs have abandoned, freeing themselves up from the industry in order to create their films, performances and installations using celluloid. France is particularly rich in these initiatives. These are grass-roots initiatives, often modest and not highly visible, but without them we may reasonably ask ourselves how filmmakers wishing to work on film will be able to produce work in ten or twenty years.

Among these, the non-profit organization « L’Abominable » in the suburbs of Paris, has been able to gather the energy, competence and equipment to offer an impressive range of techniques for the processing and the printing of Super-8, 16mm and 35mm film, as well as digital transfers to and from these formats. The association functions by apprenticeship: the filmmakers more proficient in the equipment teach others how to operate and use tools which were previously thought to be inaccessible and too complicated to be used by the general public. This do-it-yourself operation has yielded its fruit: more than 250 works have benefited from L’Abominable’s existence since its creation in 1996. Its activity and experience in this particular area, the wide range of services it offers and the quality of the works created with its assistance have given it an internationally recognized reputation and a particular importance w ithin the network of artist-run film labs in Europe and abroad, even though its public funding remains minimal.

But all this was possible only because « L’Abominable » paid almost no rent. At a time when this organization is finding itself evicted from the inexpensive premises where it was created some 15 years ago, thereby threatening its very existence, public funding bodies must understand the contemporary issue that represents the passage of cinematographic tools away from the industry and into the hands of the artists themselves. While the digitalization of commercial cinemas is heavily funded, a structure such as L’Abominable must be given the means to survive this transition, in order to continue and develop its activities to the full potential of its technical tools and expertise it has assembled over the years through obstinate perseverance.

Asnières-sur-Seine, march 2011

To support us by signing this petition, please go to :
http://www.l-abominable.org/petition

Common web site of more than 20 artist-run film labs in the world:
http://www.filmlabs.org

Archive of the « dix ans de L’Abominable » program (2006-2007) :
http://www.10ans.l-abominable.org

L’Abominable’s website:
http://www.l-abominable.org

 

 

28/03/2011