Protocole Maddox III Autochrome

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L'autochrome est une technique inventée par Louis Lumière pour la prise de vue argentique en couleur, où la lumière traverse un réseau de fécules de pomme de terre colorées avant d'atteindre l'émulsion photosensible. Avec ce système, on filme donc à travers le support. Voir l'article dédié : réseau autochrome.

Cette page est un compte-rendu d'expérience(s) réalisée(s) lors de la semaine de travail Maddox III. Elle résume une recherche en cours et ne prétend pas à des résultats autres que ceux indiqués dans la conclusion.

Colorants

Les colorants choisis étaient :

  • E133 (bleu) - colorant alimentaire (marque Vahiné)
  • E122 (rouge) - colorant alimentaire (marque Vahiné)
  • E102 (jaune) - colorant alimentaire (marque Vahiné)
  • Rouge Hélios // pigment azoïque (Sennelier)
  • Bleu Outremer Foncé (Sennelier) // Silico Aluminate de Sodium
  • Jaune Citron E102 // Tartrazine
  • Violet Cristallisé
  • Bleu de méthylène
  • Éosine (rouge)

Premiers tests

Les colorants étaient mélangés à la fécule de pomme de terre alimentaire (marque Typiak) de la manière suivante :

  • Pour les colorants alimentaires : 6g de fécule + 6ml de colorant, mélangé à 40°C pendant 30mn, séché à 50°C (au-dessus d'un radiateur). Du vert a été crée selon la recette indiquée par Vahiné : 4ml de jaune + 6ml de bleu, dans 7g de fécule.
  • Pour le bleu de méthylène, le violet cristallisé, l'éosine : respectivement 0,5g, 0,35g, 1g + 5ml d'eau déminéralisée + 5g de fécule
  • Pour les autres : 2g + 5ml d'eau déminéralisée + 5g de fécule

Mélanges RVB et CMJ

En plus de la trame Rouge/Vert/Bleu additive destinée à une reproduction des couleurs avec un émulsion inversible, on a décidé de tenter également un autochrome négatif avec une trame de fécules Cyan/Magenta/Jaune, destinés à être tirés en positif, pour préserver le film original qui semble supporter peu de projections.

À l'issue de ces premiers tests, les couleurs fabriquées à partir des colorants alimentaires paraissent trop transparentes pour définir des couleurs. Les pigments Sennelier semblent dissoudre les fécules, créant une surface quasi monochrome-rouge sur le film.

Des spectres de chacun de ces colorants ont été analysés à l'aide d'un spectrocolorimètre, et des mélanges entre colorants (sauf Sennelier) calculés pour obtenir des couleurs proches celles d'un film couleur Kodak (elles-mêmes mesurées à partir d'un nuancier officiel de Kodak).

Comparaisons de la réponse spectrale des colorants artisanaux avec les colorants Kodak pour le rouge, le vert et le bleu
Comparaisons de la réponse spectrale des colorants artisanaux avec les colorants Kodak pour le cyan, le magenta et le jaune

Second test

Où l'on s'est rendu compte, à partir des proportions calculées par l'ordinateur pour obtenir des couleurs proches du spectre des primaires Kodak et plus saturées, que de trop grosses concentrations d'éosine (>1,17g), de violet cristallisé (>0,16g), et peut-être aussi de tartrazine (2,8g) et de bleu de méthylène, se diluaient lors de l'application du second vernis un voile coloré violet pour le mélange RVB, rose-orangé pour le mélange CMJ, qui recouvrent tous les autres fécules.

Peut-être est-ce dû également à un séchage trop court?

Pour (la) suite

Se procurer les colorants des recettes Lumière 1929 et de la recette contemporaine du livre de Gandolfo et Lavédrine que l'on n'avait pas trouvé (érythrosine, rose Bengale, bleu carmin, vert nouveau 3B ou bleu flexo 810)...

Premier vernis

Le premier vernis a pour fonction de faire adhérer une fine couche de fécule de pomme de terre au support.

Des essais ont été menés avec du Potch FotoTransfer (marque Hobbyline), une sorte de vernis-colle pour la photo : les fécules ne semblaient pas rester bien collés sur du film (ça fonctionne en revanche sur le verre). Nous avons fait un premier vernis d’après la recette originale des frères Lumière en remplaçant le benzène (cancérigène et peu facile à trouver) par du toluène, un autre solvant aromatique.


1er Vernis Lumière
Toluène 200 ml
Lait de latex 3 g
phase insoluble du 2e vernis Lumière une goutte !

Observation : sur un test sur support 35mm, les fécules de patate et l'émulsion se décrochent du film après développement, le vernis ne tient pas ! (Mais ça semble passer pour le 16mm.)

Origines potentielles des erreurs :

  • Peut-être faudrait-il vérifier si le lait de latex est en solution assez pure
  • Peut-être le Toluène n'est-il pas un bon remplaçant
  • Peut-être notre deuxième vernis n’était-il pas au point non plus.
  • Les conditions de séchage des vernis ne sont pas optimales (les notes des frères lumière regorgent de détails précis concernant les séchages des vernis difficiles à reproduire dans des conditions artisanales...)

Application des fécules sur le premier vernis

Application à la brosse (en soie de porc, neuve, assez rigide) du premier vernis. Séchage d'au moins 1 minute 30 (on le voit quand le film cesse de briller en contre jour). Saupoudrage du fécule. Élimination et étalage des fécules en trop à l'aide d'un pinceau très doux, en légers gestes diagonaux le long du film pour éviter les traces de pinceau. OU, si les fécules sont très fins et homogènes, en faisant vibrer le film.

Noir de fumée

Lumière appliquait, après les fécules, du noir de carbone, en poudre beaucoup plus fine que le grain de fécule de pomme de terre, pour boucher les interstices transparents de la trame. Le saupoudrage et brossage à la main de noir de fumée semblait évacuer trop de fécules et assombrir beaucoup trop la trame, donc nous avons décidé dans un premier temps d'ignorer cette étape.

Laminage

Afin d'être plus dense et de moins laisser passer la lumière non-colorée, on écrase la fine couche de fécule.

Pour Maddox III, nous avons utilisé une presse pour gravure.

Deuxième vernis

Le deuxième vernis vient se placer après que la couche de fécules de patates colorés ait été laminée. Il sert à rendre hermétique la couche de fécule au contact de l'émulsion lors du couchage et à la protéger des traitements chimiques à venir.

2e Vernis Lumière
Gomme de Dammar 26,8g
Collodion à 5,6% 35,72ml
Huile de ricin 1,3g
Acétate d'éthyle 100ml

Le vernis ne fonctionne pas bien: difficile de l'étaler sans que la fécule se décroche, on voit aussi un craquellement (peut-être liée a la chaleur?). Jérôme K invente une autre formule, en partant de celle de la colle Kodak.

2e Vernis, formule adaptée à partir de la colle Kodak
Collodion à 8,5% 1,1g
Acétate d'éthyle 2,3g

Cette seconde formule du deuxième vernis semble fonctionner, même si elle dilue certains colorants denses des fécules du réseau (l'éosine, le violet cristallisé(?)), créant un voile coloré sur tous les fécules...)


Notes et références

Voir aussi

Liens externes

  • Quinaldine Red
  • Autochrome
  • Autochromes Culture, site contenant de nombreuses informations sur le procédé, ainsi que quelques images (édité par les Célébrations Nationales du Ministère de la Culture français)