Le principe consiste à repérer le premier numéro de bord (‘keykode‘) de chaque bobine de tournage en y faisant un poinçon et à saisir ce numéro de bord dans une base de données. À partir de là, le logiciel de montage peut connaître la position en termes de numéro de bord de chacune des images de la bobine, puisqu’en 16mm par exemple, ces numéros augmentent d’une unité toutes les vingt images. Un photogramme 18 images après le numéro de bord EN32 5670 4456 sera donc EN32 5670 5546 + 18 etc.

A la fin du montage, on sort ce qui s’appelle en anglais la « pull list » qui donne les numéros de bord de début et fin de chaque plan dans l’ordre du tournage , pour pouvoir extraire les plans des rushes , et la « cut list » qui permet de les rassembler dans l’ordre du montage.

Pour bien commencer, il est d’usage de faire un trou physique (le « poinçon ») au début de chaque bobine caméra, c’est-à-dire chaque bobine qui a été exposée d’un seul tenant dans la caméra et contient une continuité de numéros de bord avant de les numériser. On choisit en général pour cela la première image où l’on peut lire de numéro de bord. Une fois le poinçon fait, comme sur l’image ci-dessus, notez le Keykode correspondant à la bobine. Il n’est pas indispensable de faire ce poinçon, mais cela rend les choses simples et fiables à un moment où l’on ne veut surtout pas faire d’erreurs !

Il est possible de gérer les numéros de bord avec Da Vinci Resolve, à partir du moment où les images sont au format DPX ou CRI.

Les numéros de bord peuvent être affichés dans la fenêtre du montage. Puis, grâce au générateur de cut-list de filmlabs.org vous pourrez créer la « pull list » et la « cut list » à partir de deux fichiers exportés par Resolve : le CSV de l’Edit Index et le fichier ALE.

Lorsque vous avez les images DPX de vos négatifs, commencez par les organiser pour que chaque bobine caméra soit une suite d’images autonome, dans son propre dossier. Si possible, commencez chaque séquence au poinçon, cela rend les choses plus simples.

SAISIR LE KEYKODE DE DÉPART DE CHAQUE BOBINE

Malheureusement Da Vinci Resolve ne prévoit de moyen de saisir les numéros de bord des poinçons de chaque bobine. Heureusement, Colorlab propose un logiciel libre pour manipuler le métadonnées des suites d’images DPX  : DPX Metada Editor.

Une fois votre séquence ouverte dans le logiciel de Colorlab, cliquer sur ‘Image Viewer’ et positionnez vous sur l’image de référence. Sélectionnez ‘Enable editing’ et vous pourrez saisir le numéro de bord dans l’onglet ‘Industry Film Header’. Choisissez ‘Frames’ pour le 16mm et ‘Perfs’ pour le 35mm.

• Mfg & Gauge (2 chiffres) : Premier chiffre : 0 pour 35mm, 1 pour 16mm, 2 pour 65mm; Second chiffre : 0 pour ORWO, 1 pour AGFA, 2 pour KODAK, 3 pour FUJI. Par exemple: 12 pour du film 16mm Kodak.
• Emulsion number (2 chiffres). Libre mais conçu pour représenter le type de film, comme 07 pour la 7207 Kodak. (La correspondance entre les lettres du keykode et le type d’émulsion Kodak peut être trouvée ici)
• Prefix (6 chiffres): Les six premiers chiffres du keykode. Dans l’exemple en haut de cette page : 744510.
• Count (4 chiffres): Les quatre derniers chiffres du keykode. Par exemple: 8389.
• Perfs/Frame (2 chiffres): Décalage avec l’image de référence (00 si l’on choisit l’image en face des deux lettres, ce qui est la pratique standard). 
Perfs Per Frame doit être réglé sur 1 pour le 16mm et 4 pour le 35mm.

Modifiez ensuite le ‘Frame rate’ de l’onglet ‘Industry Film Header’ à 24 ips.

Bien que ce ne soit pas obligatoire, il est courant de faire en sorte que deux images ne pourront pas avoir le même time-code source, ce qui est utile pour débusquer des erreurs potentielles à la fin. Si vous voulez le faire, tout en restant sur l’image de référence, passez sur l’onglet ‘Industry Television Header’ et modifiez le time-code à 01:00:00:00 pour la première bobine caméra. Laissez la cadence (Frame rate) de ‘Industry Television Header’ à 0.

Cliquez ensuite sur ‘Write headers’ et le logiciel écrira les métadonnées de keykode et de time-code de chacune des images DPX.

Passez à la bobine caméra suivante, saisissez le numéro de bord de référence. Éventuellement, modifiez le time-code de départ pour qu’il n’y ait pas de recouvrement : par exemple si votre première bobine se termine à 01:10:45:12 commencez la suivante à 01:12:00:00. (Souvenez-vous qu’il y a des images en amont de votre image de référence si vos séquences ne commencent pas au poinçon).

PASSEZ DANS RESOLVE

Importez vos séquences dans Resolve. Faites votre montage dans une Timeline à 24 ips. Les numéros de bord et le time-code source peuvent être affichés au-dessus de l’image montée dans l’onglet EDIT.

Une fois le montage terminé, allez dans la fenêtre Edit Index et exportez le CSV.

Ensuite exportez le fichier ALE depuis les Timelines.

Puis utilisez le générateur de cut-list de filmlabs.org pour fabriquer les listes dont vous aurez besoin pour faire le montage négatif conformément à votre montage numérique. Faites le montage nég et vous êtes prêts à tirer une copie film !

Attention ! Final cut 7 incompatible à partir de OS 10.13 (High Sierra)
https://www.macg.co/logiciels/2017/07/final-cut-pro-7-est-incompatible-avec-macos-high-sierra-99239

Même sur les systèmes plus anciens, il arrive que Cinema Tools ne veuille plus s’ouvrir
https://simpledcp.com/cinema-tools-bites-dust-new-macos/
mais la solution existe : Ancienne mise à jour Apple

Si votre ordinateur est assez vieux pour Final Cut 7, bravo ! Vous pouvez poursuivre.

On fait commencer le fichier Quicktime du télécinéma de chaque bobine caméra au poinçon, et on saisit le numéro de bord correspondant dans Cinema Tools.

Créez un base de données dans Cinema Tools, avec les réglages suivants (pour le 16mm) et l’enregistrez la:

Cliquer sur « New Record » dans la fenêtre qui est ouverte.

Saisir éventuellement les champs « Scene » et « Take » (pas obligatoire). Cliquer ensuite sur « Open Clip » et connecter le fichier Quicktime de la première bobine caméra. (En français « Connecter le plan »)

Dans la fenêtre qui s’ouvre, on peut se déplacer dans la vidéo comme dans Quicktime. Vérifier la conformation à 24 ips en cliquant sur « Conform » et la mettre à 24 si nécessaire. Se placer ensuite sur l’image du poinçon. Saisir le numéro de bord dans fenêtre Key (« Clé ») en utilisant le symbole « & » pour marquer l’écart avec la réf. du numéro de bord : &00 pour une image sur le repère, &01 pour l’image suivante, etc. Faire « Save » dans la fenêtre.

Saisir éventuellement un time-code Vidéo pour cette image-là, par ex. 01:00:00:00 pour l’image repère de la première bobine, 02:00:00:00 pour la deuxième etc. (s’il y en a moins de 23 !)

Se promener dans le fichier, les time-codes et les key-codes suivent ! Fermer la fenêtre. Une fois toutes les bobines référencées (« New Record » à chaque fois), enregistrer la base de données (Database)
et passer dans Final Cut.

• Ouvrir un nouveau projet Final Cut, importer les différents fichiers Quicktime (Fichier > Importer > Fichiers)

• Sélectionner les fichiers et faire Outils > Synchroniser avec Cinema Tools puis choisir la base de données créée.

• Coller un des plans sur la Timeline d’une séquence et accepter la proposition et d’ajuster les réglages de la séquence à ceux du plan. (Vérifier par Pomme-à les réglages de la séquence et en particulier qu’elle est à 24 ips)

• Faire un essai de montage bidon en utilisant un plan de chaque bobine et ensuite Exporter Liste de films Cinema Tools. Accepter les réglages par défaut. Final Cut génère un pdf avec la ‘cut list’ et la ‘pull list’. Vérifiez que tout est correct.

Les Keykodes peuvent aussi être superposées aux images du montage pour vérification.

Lorsqu’on fait un “NEW PROJECT”, il faut impérativement faire un projet “film”, en cochant l’option “film” et en définissant le support argentique voulu (16mm, 35mm, nombre de perf)

Une fois les rushes rentrés, afficher dans le chutier la colonne KN START (en choisissant l’option film d’affichage des chutiers par défaut, elle apparaît, sinon aller la chercher manuellement -> choose column )

On peut entrer manuellement le numéro de bord dans la colonne KN START du chutier, directement en cliquant sur la ligne du clip dans la colonne KN START. Attention, le numéro rentré correspond à la première image du clip vidéo, même si on a chargé le clip et fait avancer l’image.. Si le poinçon n’est pas la première image, il faut faire un petit calcul afin de tomber sur le bon numéro de bord au poinçon. C’est facile à vérifier, une fois la modification faite, en faisant dérouler le clip vidéo.

En fin de montage, aller dans l’outil ” List tools” (selon les versions du Media Composer il n’est pas toujours au même endroit ) dans le menu Tools. Choisir “cut list » Choisir “columnar” en format de sortie.
On peut choisir tout un tas d’options pour afficher les plans dans l’ordre de la bobine film ou du montage…

Les scotcheuses (un collectif de cinéma en super 8) a développé un script pour Blender pour faire une liste de coupes à partir d’un montage numérique.
https://www.blender.org/

On peut le trouver sur le framagit de filmlabs : https://framagit.org/filmlabs/cut-list-blender-addon
(le greffon a fonctionné pour notre chaîne de post-production, mais le code est à reprendre pour le rendre tout terrain, on est demandeur de retours d’expériences)

Ça donne un comptage maison du type : “le plan de montage 5 utilise le plan de tournage 4 de la bobine 3, entre l’image 101 incluse et l’image 145 incluse”.

Nous ignorons s’il y a une solution ; si jamais vous savez – merci de nous le dire.